Ima”, c’est le nom que ma grand-mère me donnait, depuis mon plus lointain souvenir.
Elle était tunisienne. Une femme libre, élégante naturellement, sans en faire un sujet. Elle s’habillait simplement : des coupes droites, légèrement cintrées, des mocassins, parfois un escarpin à petit talon. Une silhouette minimale qui n’a jamais bougé d’une saison à l’autre.


J’ai grandi à Alger, entre deux cultures : algérienne et tunisienne. C’est dans son dressing que j’ai appris ce qu’était une garde-robe : peu de pièces, choisies avec soin, gardées pendant des années. Rien ne se jetait, rien ne se renouvelait pour le plaisir. Chaque vêtement avait sa place, son histoire, son geste.
Elle me disait souvent une phrase, toujours la même : “La tête bien posée sur les épaules, et toujours avec élégance.” C’était une manière de tenir debout. C’est devenu, sans que je m’en rende compte, ma manière de créer.

Maison IMA est née d’un manque, et d’une intuition.
Le manque, je ne le détaille pas ici. Disons simplement que ma grand-mère est partie en mai 2024, et que cette marque m’a tenue debout quand peu de choses y parvenaient.
L’intuition, elle, est plus simple. J’en avais assez d’acheter des pièces que je retrouverais sur dix autres femmes dans le même café. J’en avais assez des collections qui se ressemblent toutes, des coupes calibrées pour plaire à tout le monde, des vêtements qu’on porte une saison et qu’on remplace.
Je voulais autre chose. Des pièces qui portent une signature sans la crier. Des coupes qui suivent la silhouette sans la déguiser. Une élégance qui ne demande rien à personne; exactement comme la sienne.

Aujourd’hui, Maison IMA, c’est :
Des petites séries, jamais réapprovisionnées. Quand une pièce est partie, elle l’est.
Des coupes pensées pour durer, pas pour suivre. Vous ne trouverez pas chez nous une pièce qui aura disparu dans deux ans.
Une inspiration franco-maghrébine discrète, qui circule entre Paris, Alger et Tunis sans jamais s’installer dans le folklore.
Et, dans chaque collection, une pièce qui me ramène à elle. La robe en popeline blanche, par exemple, ressemble à une qu’elle gardait dans son placard. Je ne l’ai pas copiée, je l’ai prolongée.


Si vous lisez ces lignes, c’est probablement que vous cherchez la même chose que moi : porter peu, porter bien, ne ressembler qu’à vous-même.
Je crois que c’est la plus belle manière d’honorer une femme qu’on a aimée et d’en être une, à son tour.


Hyem
Fondatrice — Maison IMA