“Ima”, c’est le nom que ma grand-mère me donnait, depuis mon plus lointain souvenir.
Elle était tunisienne. Une femme libre, élégante naturellement, sans en faire un sujet. Elle s’habillait simplement : des coupes droites, légèrement cintrées, des mocassins, parfois un escarpin à petit talon. Une silhouette minimale qui n’a jamais bougé d’une saison à l’autre.
J’ai grandi à Alger, entre deux cultures : algérienne et tunisienne. C’est dans son dressing que j’ai appris ce qu’était une garde-robe : peu de pièces, choisies avec soin, gardées pendant des années. Rien ne se jetait, rien ne se renouvelait pour le plaisir. Chaque vêtement avait sa place, son histoire, son geste.
Elle me disait souvent une phrase, toujours la même : “La tête bien posée sur les épaules, et toujours avec élégance.” C’était une manière de tenir debout. C’est devenu, sans que je m’en rende compte, ma manière de créer.